Avis : Shin Megami Tensei III Nocturne HD Remaster

C’est bien simple, s’il n’y avait pas eu el famoso Shin Megami Tensei 3 dont je vais vous parler aujourd’hui, je serai soit toujours en train de jouer à des Final Fantasy et ça résumerait 90 % de mon expérience au niveau des JRPG ; soit j’aurai tout simplement abandonné le genre… Oui, oui, carrément.
Et mon pseudo ne serait donc plus JRPG Queen.


Aloooors pour la petite histoire, je me sens comme d’habitude obligée de recontextualiser mon expérience et mon parcours avec le jeu, ainsi que les conditions dans lesquelles je l’ai découvert la première fois.
C’était donc en l’an de grâce 2005, sur cette bonne vieille PS2, qui reste à ce jour ma console préférée, tant elle constitue une mine d’or en terme de JRPG. (que ce soit les siens ou ceux de la PS1 qu’elle peut également lire.) A l’époque, j’avais pris la décision de m’acheter le jeu sur les conseils d’autres joueurs, ce qui ne m’arrive que rarement je dois bien l’avouer. Mais il se trouvait que je fréquentais un forum de Role Play et qu’un de mes camarades arborait un avatar provenant de ce jeu. (Le cavalier de l’Apocalypse rouge : Guerre) A la fois charmée et intriguée par ce chara design fort singulier dont je ne parvenais ni à identifier la provenance, ni l’artiste qui en était responsable, je lui avais donc demandé d’où provenait ce dessin. Et à ma grande surprise, il m’informa que sa source n’était autre qu’un jeu video, un JRPG qui plus est, dont je n’avais JAMAIS entendu parler, alors que j’adorai pourtant déjà ce genre. Et pour cause, car il ne s’agissait pas du bébé de Square, (pas encore nommé Enix en cette période), ni de celui de Namco (pas encore Bandai non plus…) qui étaient les deux maisons les plus connues pour le genre à ce moment ; mais de la création d’Atlus, une société d’illustres inconnus au sein de notre bel Occident. Pourtant, ils étaient parvenus à sortir quelques jeux en dehors du Japon dans les années 1990 mais uniquement aux Etats Unis et Shin Megami Tensei 3 fut donc leur premier jeu à atterrir sur le vieux continent et pour l’occasion, il bénéficia même d’une traduction dans notre belle langue de Molière, s’il vous plaît ! Incroyable, comment un tel jeu – qui avait décidément tout pour me plaire – avait-il pu passer sous mes radars ? Ni une, ni deux, je me précipitais chez l’enseigne Score Game (RIP petit ange partit trop tôt) en espérant me dégoter une copie de ce jeu décidément bien mystérieux…
… Que je repérai immédiatement laissée à l’abandon dans un coin, au bas d’une étagère sans visibilité au fond du magasin et en train de prendre la poussière avec deux ou trois autres exemplaires. De prime abord, rien d’étonnant à la « confidentialité » du jeu, puisque même en boutique, il n’était pas mis en avant et passait donc inaperçu. Et cette couverture MONDIEUUU cette couverture parlons-en : tous ceux qui ont eu en leur possession une copie de la version PS2 d’époque savent de quoi je parle… juste immonde, un espèce de vieux collage Photoshop tout flou qu’on jurerait réalisé à la va vite par ton oncle bourré le soir du Réveillon. Avec le très putassier « FEATURING DANTE FROM THE DEVIL MAY CRY SERIES » (devenu un meme depuis d’ailleurs…) martelé en GROS sur l’avant de la jaquette en guise d’argument commercial ULTIME. (alors que, nous le verrons un peu plus tard dans cet avis, le rôle de Dante est finalement… assez anecdotique dans le jeu.) Par chance, le jeu se vendant très mal (tu m’étonnes… on se demande pourquoi…) je pus repartir avec mon exemplaire sous le bras pour la modique somme de…. 7 euros. En neuf.
Autant vous le dire tout de suite pour faire cesser tout suspense inutile = ce furent les 7 balles les mieux investis de ma vie, comme j’aime à le rappeler régulièrement. La première chose qui me frappa fut l’ambiance du titre.


Une ambiance que ne propose aucun autre, sombre, mature, désespérée… Pour moi qui n’avait principalement joué qu’à des FF dans ma vie, ce fut un choc aussi bien visuel que musical. En effet, la bande son très Rock de Shoji Meguro est à la fois très punchy durant les combat, mais complètement « anecdotique » et « plate » en comparaison lors des phases d’exploration de donjons, ce qui pourra déplaire à certains à n’en point douter. Mais moi… je fus tout de suite fascinée par ce contraste.


Jugez plutôt, l’histoire nous propose d’incarner un lycéen dans le Tokyo réel et moderne. Notre héros a rendez-vous avec deux de ses camarades afin d’aller prendre des nouvelles de leur professeure qui serait actuellement hospitalisée, pour des raisons inconnues. Mais cette introduction plutôt rapide d’une situation somme toute assez banale en guise de synopsis ne dure cependant pas, car très vite sur le chemin de l’hôpital, nous croisons un type qui se dit « journaliste » et qui écrit des articles dans une revue occulte obscure (c’est le cas de le dire…), nous informant que « l’émeute » qui a eu lieu au parc la veille n’est pas ce que prétend BFMTV et qu’il s’agissait en réalité d’un sacrifice… humain. Ce brave gars nous confie donc un exemplaire du dernier numéro de sa revue et nous apprenons donc
qu’un illustre PDG, Hikawa, serait à la tête de la secte responsable de ces meurtres….
Alors waouh je… ok… continuons, donc. C’est sûr que ça change de la classique princesse à aller sauver dans Dragon Quest…

Voilà voilà, nous poursuivons donc notre exploration et trèèèèès vite, ça part en sucette moldave comme dirait l’autre : on retrouve notre prof sur le toit de l’hôpital (désert et avec une musique digne d’un silent hill…) qui nous explique qu’au sous-sol se déroulent des expériences paranormales à base d’invocations de démons OKLM (on y retrouve d’ailleurs des pentagrammes sataniques peints au sol…) et que le monde tel qu’on l’a connu touche à sa fin mais est sur le point de renaître sous une autre forme.

En effet, nous finissons par tomber sur le fameux Hikawa qui nous laisse pour mort et parvient à l’aide d’un cylindre mystique sur lequel est inscrit des pictogrammes étranges, à provoquer cette fin du monde évoquée par notre prof…

Trailer



Bienvenue donc dans la « Conception », Tokyo apocalyptique ravagé par l’aridité et où ne subsistent plus que de rares bâtiments en ruine tous droits sortis d’un épisode de « Ken le Survivant », quelques âmes errantes d’humains décédés et enfin… des démons. Les démons qui semblent avoir pris le contrôle de la ville et en avoir fait leur nouveau terrain de jeu. Quant aux amis humains du héros, ils semblent portés disparus et tomate cerise sur le Mac Do : notre personnage principal a ingéré un étrange insecte (de force) qui lui confère à présent des pouvoirs surnaturels. Le « demi-démon » est donc né, moitié homme, moitié démon. Bonjour les tatouages radioactifs qui brillent dans le noir et l’aileron de requin dans le cou qui sert à communiquer avec les autres monstres !
Bref… vous l’avez compris : It’s definetely not your typical JRPG…

Et pour le coup, pas l’temps d’niaiser, on est très rapidement mis en situation en on entre dans le vif du sujet dès la première demi-heure de jeu. Nous sommes donc très loin d’un Persona en matière d’introduction, ce qui pourra s’avérer déconcertant pour ceux qui ont démarré la série des Shin Megami directement avec ses spin off… Ce n’était pas mon cas cependant, puisque j’ai pris le hype train à la première station avec cette troisième itération de la série mère. Et je fus tellement CONQUISE pour le titre, que j’ai enchainé ensuite TOUS les jeux d’Atlus parus sur PS2. DDS 1 et 2, Raidou Kuzunoha 1 et 2 et enfin, Persona 3 et 4. C’est dire.
Pourtant, SMT 3 n’est pas un jeu qui s’adresse à tout le monde, il faut faire partie de l’ELITE pour l’apprécier à sa juste valeur, non, je plaisante, mais seulement à moitié car ce titre – s’il a été rendu accessible depuis, notamment à ceux qui ont commencé la série par Persona – garde malgré tout une indécrottable réputation de « HARDCORE JRPG ». Et c’était d’autant plus vrai à l’époque qu’il s’agissait du premier épisode auquel on pouvait se frotter. Et Diiiiiiieu que ce fut difficile de devoir tout apprendre en intégrant de nouvelles mécaniques jusqu’alors inconnues des amateurs du genre.

En effet, le jeu repose essentiellement sur son système de buff et de debuff lors des combats, constituant le nerf central des affrontements. A tel point que ne pas les exploiter sera sanctionné par un game over bien senti. Très tôt dans le jeu (environ 3h après le début), se trouve un pic de difficulté assez célèbre qui fit beaucoup parler de lui à l’époque de la sortie du jeu. Un combat de boss qui arrive sans crier gare et qui a occasionna un syndrome post traumatique violent et durable encore aujourd’hui à tous les joueurs mal préparés qui se cassèrent les dents dessus.

Je veux bien entendu parler d’El Magnifico « MATADOR » Castellanos…
Alors, en réalité, ce combat n’a honnêtement rien de difficile pour peu que l’on soit bien préparé et sa finalité est de constituer un point d’étape pour le joueur, afin de tester sa compréhension des mécaniques du titre. Car oui, SMT 3 est un jeu abrupte et complexe, bénéficiant d’un système de combat très riche et profond, (dont je n’ai d’ailleurs saisi toutes les subtilités que récemment soit… 14 ans après sa sortie ahemm quand même…) MAIS il n’est pas cruel. C’est un jeu juste et jouissif même, lorsqu’on le maîtrise, car il fournit au joueur toutes les armes dont il a besoin. Cependant, ne vous attendez pas à ce qu’il vienne vous prendre par la main.
SMT 3 fait confiance à celui qui s’y attaque pour expérimenter et comprendre par lui-même un système qui lui est propre. Pourtant, même s’il n’y a pas beaucoup PNJ et que ceux-ci sont plutôt avares en texte, ils donnent très souvent de PRECIEUX conseils pour progresser, même s’ils peuvent paraître plutôt cryptiques au premier abord. Le jeu compte sur vous pour vous relever et apprendre de vos erreurs. Passez immédiatement votre chemin si vous pensez qu’il suffit de bourriner le bouton « X » pour gagner !

Car je conçois parfaitement qu’il est très difficile de passer d’un Persona à SMT 3 (alors que l’inverse passe plus facilement), tant SMT 3 est un jeu austère de prime abord. Mais comme je le disais plus tôt, c’est un jeu qui se MERITE et où rien ne vous tombera tout cuit dans le bec. Il faut réfléchir. S’adapter. Se préparer. Trouver les failles. Que ce soit lors des combats où même des ennemis « communs » pourront vous infliger une belle raclée en cas d’imprécision ou de maladresse de votre part, ou lors des phases d’exploration, le jeu ne vous fera aucun cadeau. Et de la baston, vous allez en BOUFFER jusqu’au dégoût alors préparez-vous. Et pour cause, nous sommes ici en présence d’un JRPG à l’ancienne, ce qui veut dire BEAUCOUP, BEAUCOUP de combats aléatoires (marque de la série), puisque les ennemis n’apparaissent pas visuellement dans le décor. Et comme ici la fuite n’est jamais assurée, préparez-vous psychologiquement à un affrontement environ tous les 2 à 10 pas, ce qui est une fréquence épuisante pour qui n’en a pas l’habitude et surtout comparé à la LONGUEUR des donjons.

Les combats sont cependant pour moi LE point fort du jeu, proposant un système de forces et de faiblesses proches d’un Pokemon version hardcore où l’erreur ne pardonne pas. Dans le même ordre d’idées, le système de fusions est parmi l’un des plus complets qu’il m’ait été donné de voir en terme de possibilités et de customisation. Voyez-y l’équivalent du fameux système de materia de FF7, qui permettait des combinaisons et des synergies inégalées dans le reste de la série.
Parlons à présent de l’autre mamelle nourricière du jeu : les donjons. Attendez-vous à vous perdre, à vous faire rosser, à tomber sur des culs de sac, à devoir revenir en arrière, à recommencer à zéro, à résoudre des puzzles, bref… bienvenue dans le monde merveilleux des Dungeon RPG, dont ce SMT 3 est l’un des meilleurs représentants à ce jour. Alors c’est clair, il faut aimer se balader dans des labyrinthes ternes, au décors vides et répétitifs qui n’aident pas à se repérer et qui jouent même de cette monotonie ambiante pour mieux vous désorienter. Tout se ressemble entre couloirs tortueux et back tracking interminable, recherche de clés enfouies et téléporteurs capricieux, mais encore un fois, c’est INHERENT à la nature même du jeu ! Le fun est palpable comme dirait l’autre et pourtant… Je vous assure qu’il est possible d’y prendre du plaisir pour peu que l’on ait la patience nécessaire et que l’on aime se triturer le cerveau en dessinant des plans sur une feuille de papier. Rien d’insurmontable cependant, mais il faut en être conscient lorsque l’on décide de s’attaquer au jeu. Je ne peux donc que mettre en garde ceux que l’aventure tenterait : êtes-vous prêts à perdre 3h de jeu sans sauvegarde, parce qu’au détour d’un corridor un ennemi avec 10 % de chance de vous OS avec un sort d’insta-kill aura eu la RICHE IDEE de cibler votre protagoniste ? Car à l’instar d’un Persona, il s’agit de l’une des marques de fabrique de la série : si votre héros vient à décéder c’est le game over instantané. Je le redis encore, mais SMT 3 est un jeu exigeant qui se MERITE et dont on sort grandi lorsqu’on en vient à bout.

Je n’ai pas encore abordé l’aspect « histoire » du jeu et je vais donc le faire de ce pas pour que vous compreniez que là aussi, rien ne vous sera servi sur un plateau. En effet, la narration se veut étalée et très discrète. On n’a pas l’habitude qu’elle soit en arrière plan dans ce genre de jeux mais ici, elle constitue une forme de fil rouge que l’on suit de loin. Personnellement, je trouve que c’était le bon choix à faire afin de ne pas nuire à l’ambiance du titre. Pour autant, elle est bien écrite et plus on s’approche de la fin du titre et moins plus elle sort de son retrait. Ici, point de rebondissement et autres plot twists, non, du début à la fin l’objectif est unique et clair : l’ancien monde des humains a été détruit, mais est en phase de renaissance. Les rares survivants essaient donc de donner un nouveau visage à ce monde en devenir et de le forger à leur image. Ainsi donc, plusieurs philosophie appelées « Raisons » vont s’affronter au cours du jeu, chacune incarnée et portée par une personne et ses suivants.

En vrac, on retrouvera la « raison du plus fort », qui stipule que tous les faibles doivent mourir et n’ont plus leur place dans ce nouveau monde de perfection, ou encore la raison qui fait que c’est le bien du plus grand nombre qui prime sur celui d’un seul et cherche donc à annihiler toute individualité. Et vous, en tant que joueur, vous serez celui qui aura le dernier mot, pouvant faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre du spectre et décider du sort du Monde. En effet, en tant que démon, vous n’êtes pas en capacité de proposer une Raison (seuls les humains le peuvent), mais
vous pouvez choisir d’en soutenir une déjà existante et de l’aider à prévaloir sur les autres. Le jeu propose donc plusieurs fins, une pour chaque raison (au nombre de 3) et trois autres bonus également, au cas où, à travers tous les choix (anodins en apparence…) qui vous serons soumis tout au long de l’aventure, vous ne seriez pas parvenu à vous reconnaître dans une philosophie en particulier. Pour l’époque, c’était quelque chose d’assez inédit, non seulement de proposer déjà non pas une fin alternative, mais six ! Mais encore une fois, je peux comprendre que l’on puisse passer à
côté de l’histoire, tant elle semble anecdotique au départ, alors qu’en réalité, elle ne cesse jamais de se construire au gré des événements et de vos décisions, allant même jusqu’à changer certains combats de boss, suivant vos réponses ! Le jeu vous apportera donc son lot de questions philosophiques et ce sera à VOUS d’en choisir l’issue, sans que jamais l’un ou l’autre des idéaux présentés vous soit imposé ou soit plus mis en avant qu’un autre.
Vous l’aurez compris, j’ai adoré ce jeu à l’époque qui ne ressemblait à aucun autre (malgré une traduction française…. Etrange… Coucou « Jack Givre ! ») et encore plus à présent que j’en maîtrise toutes les subtilités.
Et pour ce qui est des apports de ce remaster, quels sont-ils ? Et bien parlons-en !
Techniquement, rien de folichon. Ce que la presse a d’ailleurs sanctionné à raison dans ses tests : nous sommes ici face à un remaster « feignant » à l’instar de NieR, mais en pire. En effet, à part un lissage HD des textures et un 60 FPS parfois oui, parfois non, les musiques (surtout celles des combats) sont toujours d’une médiocre qualité auditive car trop compressées. Le jeu est vide et si cela pouvait passer à cause des limitations de la PS2 à l’époque, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Je préfère cependant y voir un parti pris qui mise sur une atmosphère épurée et dérangeante, à la limite du Survival Horror par moment.

JRPG Queen – Shin Megami Tensei III Nocturne – PART 1



La présence de Dante qui avait constitué un véritable argument commercial pour faire connaître le jeu à l’époque et qui est était à la base d’une plaisanterie de la part d’Atlus (en gros, pendant que les équipes bossaient sur le projet, Kaneko avait dessiné des concept arts de Dante et les avait incorporés dans le jeu parce que bon hein « on fait un jeu avec des démons, pourquoi ne pas coller dedans le plus célèbre des chasseurs de démons Japonais looool, même s’il ne nous appartient pas ??? » et la petite plaisanterie bon enfant était parvenue jusqu’aux oreilles et aux yeux de Capcom qui avaient alors dit « BANCO », impressionné par le travail des équipes de la firme au Jack Frost.
Tant et si bien qu’Atlus avait obtenu l’autorisation de mettre Dante dans leur jeu, en échange de quoi Kazuma Kaneko le chara designer originel de la série avait accepté de plancher sur l’aspect des formes démoniaques de Vergil et Dante dans le futur DMC3, alors en développement.), est à présent subordonné à son achat en DLC, il n’est effectivement plus dans la version de base contrairement à l’époque (ben oui… faut bien payer les droits à tonton Capcom et également le doubleur officiel de Dante, puisque le jeu est à présent entièrement doublé, ce qui n’était pas le cas à l’époque sur PS2).
La présence de Dante qui, d’ailleurs, est parfaitement anecdotique (on ne le croisera qu’une seule fois de manière obligatoire durant le cheminement du jeu) pour qui décide de ne pas faire le contenu « annexe » du jeu. (les Kalpas) Il demeure cependant, comme à l’époque, jouable et bénéficie même au passage d’un petit « UP » bienvenu. Pour ceux qui refuseront de passer à la caisse, vous aurez droit à son équivalent ingame, Raidou Kuzunoha, dont j’espère que la présence de base dans ce jeu aidera à rebooster la popularité de par chez nous. En effet, Raidou est un personnage de l’écurie Atlus qui avait eu droit à deux jeux de sa propre série à l’époque de la PS2 également. Alors certes, on pourra déplorer le manque d’investissement d’Atlus dans ce remaster, mais on peut tout de même saluer l’ajout d’options de confort destinées au joueur : la possibilité de faire des sauvegardes rapides à tout moment sans aller jusqu’à un point de sauvegarde (qui se trouvent en général en début ET toute fin de donjon sans rien entre les deux… obligeant à les faire d’une seule traite…) et surtout la possibilité de pouvoir ENFIN choisir les skills qui seront transmis par héritage pendant les fusions ! Car à l’époque, c’était totalement aléatoire et il on pouvait passer des heures à essayer d’obtenir le bon mélange en s’en remettant au hasard ! On notera également l’ajout de deux DLC (payants) qui permettent de farmer expérience et argent les deux nerfs de la guerre, en toute facilité en de manière moins chronophage que la méthode classique.
Le jeu possède également un mode « permissif » (gratuit, lui) pour les plus frileux d’entre vous et qui rend les affrontements beaucoup plus simples, en les dépouillant purement et simplement de leur aspect stratégique. Mais bon, ça peut être bien de commencer par-là d’abord pour se chauffer avant de passer au mode de difficulté supérieure, histoire de se faire aux mécaniques du jeu. Donc pourquoi pas, hein. Je ne suis pas fermée à l’idée et aussi catégorique que certains qui prétendent que ce genre de modes dénaturent le jeu…



Pour conclure, vous l’aurez compris, j’avais adoré et j’adore toujours autant (si ce n’est même davantage) ce dungeon RPG qui vient titiller notre fibre masochiste. Reste que, comme d’habitude, les tests de la presse ne reflètent pas son réel niveau de difficulté, qui, une fois les mécaniques bien acquises, reste significativement moins corsé que ce qu’on peut lire partout, pour peu que l’on fasse preuve d’un peu de bon sens et qu’on laisse son côté « bourrin » de côté. Il faut cependant être conscient du genre de jeu dans lequel on se lance, car qui dit dungeon RPG, dit… labyrinthes, forcément. Et ceux de ce SMT 3 font partie des plus inextricables qu’il m’ait été donnés de pratiquer dans ma longue carrière de gameuse pourtant aguerrie. Cependant, j’ai réussi à finir le jeu plusieurs fois et même en hard, donc… c’est laaaaaargement faisable rassurez-vous.
Armez-vous simplement de patience et vous découvrirez un bijou, un diamant brut s’épanouissant loin des conventions du genre. L’anti Final Fantasy par excellence qui brille d’un éclat sombre dans les ténèbres. Une œuvre résolument adulte et mature qui ne fait pas de concession ni dans ses thèmes, ni dans son aspect.

A titre personnel, j’espère que ce remaster sera un succès commercial suffisant pour encourager Atlus au portage de ses titres sur Nintendo et surtout pour que la société réfléchisse à la mise en chantier d’autres remasters de ce type, comme par exemple, l’excellent diptyque Digital Devil Saga, qui mérite vraiment d’être davantage connu. De mon côté et même si j’adore la série Persona, je n’oublie pas d’où je viens ni par quel épisode j’ai commencé et il est vraiment certain que sans ce SMT 3 (même équipe…) pas de Persona 5. Alors certes, comparé à ce dernier, il peut paraître archaïque, mais plus de dix années les séparent… et en tant que fan de la première heure, il est bon de voir que la série a su évoluer sur de bons rails et dans la bonne direction, sans s’égarer ou délaisser son aspect exigeant. Même si elle a troqué ses visuels pour quelque chose de plus coloré et accessible.
Dans tous les cas, je ne peux que souhaiter que le prochain SMT V sera plus proche en terme de structure et de ton de ce SMT 3, que d’un Persona. Il est en effet ESSENTIEL que la série mère conserve ce côté plus sombre et épuré que ses célèbres spin off et ne se laisse pas dévorer par leur popularité croissante…


Genre : J-RPG / T-RPG / Dungeon RPG
Langue : Français
Développé par : Atlus
Edité par : Sega 
Taille : 8734,00 MB
Sortie : 25 Mai 2020
PEGI : +16
Plateforme : Playstation 4, Playstation 5, Switch, PC

Test réalisé sur Playstation 4 Pro

Retrouvez toutes les vidéos de JRPG Queen sur Youtube à cette adresse

Une réflexion sur “Avis : Shin Megami Tensei III Nocturne HD Remaster

  1. Honteux ce portage de la part d’Atlus !! Ils auraient pu rajouter des nouveaux bouts de jeu en plus,alors oui c’est sympa y’a Raidou mais vous pensez que les joueurs de Persona ils connaissent les Devil Sumoner ? Ils auraient aussi pu rajouter une nouvelle fin,mais sa aurait pu dénaturer le message du jeu comme la fin E de NieR Replicant (je spoil pas vous inquiétez pas) je le prendrais sûrement mais ils nous ont habitué à mieux avec Persona 1 PSP,2 PSP,3 FES,4 Golden et le 5 en version Royal !

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